Saint-Maur : La tour Rabelais

Situé dans le parc de l’Abbaye de Saint-Maur, ce vestige des anciennes fortifications entourant le monastère, protégeait alors ce lieu de pèlerinage, un des plus importants de l’Ile de France. Au Moyen-âge, l’Abbaye de Saint-Maur accueille en effet des malades de toute l’Europe pour y guérir de la goutte dit « mal de saint Maur » et de l’épilepsie dit « mal de saint Jean ».

C’est, selon la légende, dans cette tour que le célèbre humaniste aurait installé son cabinet de travail lorsqu’il y séjournait. Au XVI siècle, l’influent évêque de Paris et oreille de François 1er, Jean du Bellay, est par ailleurs abbé commendataire de l’ancienne abbaye. C’est là qu’il accueille François Rabelais, qui devient à la fois son secrétaire particulier, médecin et protégé. A la suite de la condamnation par la Sorbonne de son premier roman « Pantagruel  » publié en 1532, l’ex-moine n’est plus en odeur de sainteté. Il risque le bûché pour sa prose fantasque, parodique et souvent crue contre ce collège de théologiens.

La Tour Rabelais de l’Abbaye de St-Maur

Et pourtant, avant de devenir ce libre-penseur, Rabelais a été moine en Anjou puis en Poitou, état qu’il finit par quitter pour s’inscrire à la faculté de médecine de Montpellier. C’est lors de son séjour à Lyon où il exerce désormais comme médecin et éditeur, que son destin bascule avec la publication de Pantagruel. Ce premier opus lance sa carrière littéraire tout en suscitant une forte inimité des autorités religieuses. C’est dans ce contexte religieux exacerbé par l’affaire des Placards que Rabelais rencontre son futur protecteur qu’il accompagne en tant que secrétaire à Rome pour des missions diplomatiques. Ces voyages lui permettent d’échapper pour un temps aux foudres de ses détracteurs après la publication de son second opus Gargantua pourtant moins irrévérencieux que le précédent. Grâce à ses appuis et une dérogation du pape Paul III, Rabelais peut finalement regagner un monastère bénédictin de son choix et y exercer la médecine. Mais la publication de la suite de Gargantua, « Le Tiers Livre » en 1546 provoque à nouveau l’ire de la Sorbonne et contraint Rabelais à fuir cette fois le royaume et à s’installer à Metz, ville impériale libre. De retour en France et toujours sous la protection de Jean du Bellay, Rabelais reçoit les cures de Saint-Martin de Meudon et de Saint-Christophe-du-Jambet qu’il conserve jusqu’à sa mort à Paris en 1553, non sans avoir pris le temps de publier le dernier tome de ses aventures gargantuesques au grand dam de la Sorbonne ! A noter qu’un musée situé à quelques kilomètres de Chinon, à La Devinière, sa maison natale supposée, lui est consacré.

Du réalisateur Hervé Baslé, ce téléfilm en 2 parties retrace le destin du médecin, écrivain et humaniste qu’était François Rabelais, depuis son enfance au seuil de sa vie. Interprétée par Michel Aumont dans le rôle de Rabelais âgé, Eric Elmosnino en Rabelais adulte et de Bernadette Lafond, dans celui de sa servante, cette grande fresque historique fait la part belle à l’humour et la satire pour dénoncer les dogmes des théologiens de la Sorbonne, l’obscurantisme, la violence et l’injustice de son époque.

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